19. déc., 2019

Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie Kalfon, éditions Joëlle Losfeld 18€

Artiste de misère...

Quand petite, j'allais au conservatoire pour apprendre le solfège, chaque salle de cours portait le nom d'un compositeur célèbre. Erik Satie en faisait partie. Aujourd'hui j'ai eu envie de m'intéresser à lui car il reste pour moi un inconnu, comparé à Bach ou Mozart. J'ai découvert avec ce livre, un personnage sombre et inattendu, collectionneur de parapluies, anti-conformiste et anti-bourgeois, un homme réservé quant à ses conditions de vie misérables qu'il a préféré taire. A cheval entre les 19ème et 20ème siècles, Erik Satie fut de son temps méconnu, insaisissale, incompris. Dans sa petite chambre : deux pianos et quatorze parapluies noirs. La discipline du conservatoire a été pour lui un enfer. Il s'interroge d'ailleurs à juste titre sur le sujet : "... pourquoi nous autres musiciens nous sommes contraints de recevoir un enseignement d'Etat, alors que les peintres et les littérateurs jouissent de la liberté de s'instruire où ils veulent ?...". Précurseur de la musique moderne, Erik Satie écoute les sons d'une ville qui change : "la musique de la ville devient son paysage, son appartement, la totalité de ses meubles...". Lire ce livre au son de la musique du compositeur apporte une autre dimension à la lecture. Son oeuvre la plus célèbre pour le commun des mortels : Gymnopédie n°1. Il a également composé la musique d'un ballet "Parade", dans un tout autre genre. Ci-dessous, une vidéo des archives de l'INA  brosse un portrait étonnant du personnage. (article rédigé par CatCo)