24. sept., 2020

Bouquets de bouquins

Et si entamer la lecture d’un livre revenait à ouvrir un flacon de parfum ? Chaque histoire diffuse ses propres senteurs, laisse sa trace olfactive, nous imprègne en partie ou totalement selon notre réceptivité aux effluves du roman. Saurions-nous capter ces odeurs essentielles programmées par les auteurs pour être libérées au moment opportun ?

Le parfum d'un roman évolue au fil du temps : 

  • Note de tête : l’histoire en surface, le sens premier capté de manière innée, sans effort particulier.
  • Note de coeur : les événements prennent toute leur ampleur, le lecteur est séduit, il s’abandonne et en oublie son labeur.
  • Note de fond : l’intrigue se révèle bien plus complexe qu’il n’y paraît, elle nous transporte dans l’au-delà, un au-delà du quotidien, notre présence n’est plus qu’apparence. 

Comme nous aimons parfumer l’intérieur de nos demeures, nous nous devons de parfumer et égayer notre jardin intérieur. Les livres, aussi discrets et silencieux soient-ils, sèment en nous de multiples parfums tout au long de l’année : 

  • Un baiser au goût de sel avec les « Nouvelles de Bretagne » chez Magellan & Cie. Quand un collectif d’auteurs bretons nous jettent à l’eau !
  • Pour celles et ceux qui ne trouvent pas le temps de petit-déjeuner le matin, je leur propose de grignoter en chemin quelques pages du « Petit éloge du petit-déjeuner » de Thierry Bourcy. Les odeurs de café, de confiture et de thé ne seront plus si éloignées.
  • « Le parfum » de Patrick Suskind nous rappelle avec force que chaque peau a  son odeur. Le personnage principal, Grenouille, est prêt à tout pour capturer les plus belles senteurs de peaux…
  • « Les violons du roi » de Jean Diwo, nous plonge dans l’intimité des ateliers des plus grands luthiers d’Italie. Le travail du bois, dans toute sa minutie, avec ses arômes et ses exhalaisons de vernis.

Au même titre qu’un parfum, il existe un bouquin pour chaque occasion. Et comme on se pulvérise une seconde fois de son parfum favori, on relit un bon bouquin.

Le parfum unique des pages de livres n’étant pas encore distribué en flacon… alors gardons tous, bien précieusement chez nous, nos bouquets de bouquins. Est-il nécessaire de recevoir des bouquets de fleurs à la durée de vie réduite, alors qu’un bouquet de bouquins peut nous emporter très loin et pendant fort longtemps ? Un immense « Merci ! » à tous les auteurs parfumeurs de nos vies. (article rédigé par CatCo - crédit photo 123RF/Vera Petruk)