Les éditos de CatCo

13. janv., 2021

Chaque mot en couleur correspond à une partie précise du livre. Sur le site web de la librairie In Quarto (cliquez ici), vous pouvez zoomer sur l'image du livre pour visualiser sa structure détaillée.

L’hiver est là, et ses petits maux avec. Mon bouquin préféré va mal ce matin. Bien décidé à prendre le taureau par les cornes, il se rend chez son médecin de famille :

- Docteur, ça y est, ça recommence, je ressens des douleurs au niveau de ma gouttière. Chaque hiver c’est la même chose, c’est à n’y rien comprendre.

- Mais si allons, tout a une explication. Dans votre cas, je dirais que c’est la conséquence logique de votre passage de mains en mains. Cela prouve que vous ne faites pas partie des tristes oubliés des rayons de bibliothèque.

- Ah ça oui, on peut dire qu’ils ne m’oublient pas, quel dommage ! J’aimerais bien parfois qu’ils me laissent quelques semaines de vacances. Il est vrai que l’on me tripote sans arrêt, j’en ai plein le dos à vrai dire.

- Vous êtes juste victime de votre succès.

- Quel succès ? Il n’y a plus aucun respect, j’ai le nerf à vif. Pas plus tard qu’hier, j’ai été balloté sans arrêt : jeté au fond d’un sac à main dès le matin, oublié sur un vulgaire comptoir de bar à la mi-journée, posé sur le bord d’une baignoire en début de soirée, mes pages flétries d’humidité. J’ai bien failli toucher le fond. Très franchement, si je suis venu vous consulter aujourd’hui, c’est que je me sens à plat.

- Je comprends mais voyez le côté positif, vous êtes un livre écrit pour les adultes. Imaginez ce que subissent quotidiennement les livres pour enfants. Eux ont de vraies raisons de se plaindre : pages cornées ou au mieux, gribouillées, couvertures arrachées …

- Oui je confirme, les petites mains sont les plus dangereuses, elles tirent sans arrêt sur mon signet intégré, comme s’il s’agissait d’une mèche de cheveux, elles m’ont lancé à plusieurs reprises contre un mur. C’était sans fin, j’avais la tête comme un ballon. Je n’avais qu’une seule envie, crier « en garde ! » ou encore « attention, je mor(d)s » pour les impressionner, mais rien n’y faisait. Parfois, je rêve qu’on me laisse dans un coin et qu’on m’oublie. Quel traitement me proposez-vous docteur ?

- Oh, croyez-moi, le meilleur qui soit : je vous prescris une place bien au chaud, en vitrine, dans le cadre de la prochaine exposition dédiée à la lecture. Vous serez au calme et pourrez vous y ressourcer.

- Merci docteur, je savais que je faisais bien de venir vous consulter. Certains de mes confrères feraient bien d’en faire autant. Et moi qui pensais qu’avec internet on allait tous se retrouver à la retraite ! (article rédigé par CatCo - crédit photo 123RF/kocastock)

24. sept., 2020

Et si entamer la lecture d’un livre revenait à ouvrir un flacon de parfum ? Chaque histoire diffuse ses propres senteurs, laisse sa trace olfactive, nous imprègne en partie ou totalement selon notre réceptivité aux effluves du roman. Saurions-nous capter ces odeurs essentielles programmées par les auteurs pour être libérées au moment opportun ?

Le parfum d'un roman évolue au fil du temps : 

  • Note de tête : l’histoire en surface, le sens premier capté de manière innée, sans effort particulier.
  • Note de coeur : les événements prennent toute leur ampleur, le lecteur est séduit, il s’abandonne et en oublie son labeur.
  • Note de fond : l’intrigue se révèle bien plus complexe qu’il n’y paraît, elle nous transporte dans l’au-delà, un au-delà du quotidien, notre présence n’est plus qu’apparence. 

Comme nous aimons parfumer l’intérieur de nos demeures, nous nous devons de parfumer et égayer notre jardin intérieur. Les livres, aussi discrets et silencieux soient-ils, sèment en nous de multiples parfums tout au long de l’année : 

  • Un baiser au goût de sel avec les « Nouvelles de Bretagne » chez Magellan & Cie. Quand un collectif d’auteurs bretons nous jettent à l’eau !
  • Pour celles et ceux qui ne trouvent pas le temps de petit-déjeuner le matin, je leur propose de grignoter en chemin quelques pages du « Petit éloge du petit-déjeuner » de Thierry Bourcy. Les odeurs de café, de confiture et de thé ne seront plus si éloignées.
  • « Le parfum » de Patrick Suskind nous rappelle avec force que chaque peau a  son odeur. Le personnage principal, Grenouille, est prêt à tout pour capturer les plus belles senteurs de peaux…
  • « Les violons du roi » de Jean Diwo, nous plonge dans l’intimité des ateliers des plus grands luthiers d’Italie. Le travail du bois, dans toute sa minutie, avec ses arômes et ses exhalaisons de vernis.

Au même titre qu’un parfum, il existe un bouquin pour chaque occasion. Et comme on se pulvérise une seconde fois de son parfum favori, on relit un bon bouquin.

Le parfum unique des pages de livres n’étant pas encore distribué en flacon… alors gardons tous, bien précieusement chez nous, nos bouquets de bouquins. Est-il nécessaire de recevoir des bouquets de fleurs à la durée de vie réduite, alors qu’un bouquet de bouquins peut nous emporter très loin et pendant fort longtemps ? Un immense « Merci ! » à tous les auteurs parfumeurs de nos vies. (article rédigé par CatCo - crédit photo 123RF/Vera Petruk)

13. mai, 2020

Et vous, comment imaginez-vous votre été 2020 ? 

Parce que chacun compte et afin d’assurer votre sécurité, le tout récent Ministère de la Pop’hilarité vous donne quelques conseils bien avisés.

Cet été sera peut-être l’unique occasion de profiter de vacances réellement reposantes. Personne à l’horizon, plages désertées, la paix royale au coeur d’une nature revigorée par ce cadeau que nous, Humains, lui avons fait d’une pureté retrouvée.

Votre mari vous envahit ? Pas de panique, imposez un périmètre de sécurité de cinq mètres en journée, quinze en soirée. Pour vous parler en toute sécurité, qu’il privilégie l’envoi de messages Whatsapp légèrement pimentés : le retour des préliminaires, nous en avons toutes rêvé, Covid19 l’a réalisé.

Pour les repas, pas d’inquiétude, tout le monde va vite retrouver la ligne sans efforts ni sport, il s’agit juste de limiter la manipulation de paquets et l’épluchage de légumes contaminés. Les femmes ne se feront sans doute pas prier pour se mettre au diapason de ces nouveaux réflexes anti-contamination.

En tant que Ministère de la Pop’hilarité, nous ne cesserons de le marteler, lavez-vous les mains régulièrement, ou plutôt, lavez-vous les mains à chaque fois que vous approcherez quelqu’un ou que vous toucherez tout objet importé. En fait, lavez-vous tout le temps, c’est plus prudent. Et pour celles qui le peuvent, restez sous votre douche en continu pour une sécurité optimisée. Pensez à installer une lampe d’ambiance multi-couleurs, un gros pommeau spécial jet tropical et le tour est joué, vous voilà plongées en pleine jungle équatoriale sans vous déplacer. Vous trouverez facilement sur votre smartphone, décidément fort intelligent, une collection de sons de la nature, et par continent s’il vous plait !

Pour la première fois depuis longtemps, votre homme vous regardera avec amour et vous proposera pour cet été, de vous emmener où vous voulez : peu importe le prix, peu importe le lieu, que ne ferait-il pas pour vos beaux yeux ? Ayant toujours un ou deux coups d’avance avec les actualités, il vous informera, en temps voulu, de ce bouclier de sécurité imposé autour des vacances d’été. Votre homme se prépare à être le plus heureux des hommes… Vous souhaitiez une île déserte ? Il en trouvera bien une, à moins de cent kilomètres : location d’une maison de tradition en proche banlieue au détour d’un petit lac vaseux avec jardinet et bac à sable fera l’affaire.

« Vacances à distance », une formule qui au final peut faire rêver : un carré de plage confortable, sa famille préservée des amis aigris, lèche-vitrines incontrôlé évité, brouhaha infernal des nuits d’été dilué, qui dit mieux ? (article rédigé par CatCo - crédit photo 123RF/Bowie15)

15. avr., 2020

L’escargot avance lentement, c’est un fait. Nous expérimentons tous aujourd’hui ce nouveau sport d’adresse et de patience qui met nos nerfs à rude épreuve. Après les chevaux, les rapaces et les lions, tentons d’apprivoiser ce limaçon qui s’est insidieusement installé dans nos maisons. N’oublions pas : nous avons parfaitement le droit de surfer sur sa coquille à vitesse grand V, si ça nous plait ! 

En cette période inédite de confinement, profitons pleinement de l’étirement du temps et éclatons-nous à l’intérieur des frontières tolérées. Pour une fois nous est offert ce luxe de pouvoir définir nous-mêmes notre vitesse de croisière car oui, nous vivons bien une sorte de croisière en haute mer, avec l’espoir de voir apparaître rapidement au large, un bout de terre. Un jour ou l’autre, il faudra bien débarquer. 

Quant à la lecture, nous sommes parfois bien obligés de bouquiner à pleine vitesse, dans le métro, dans une salle d'attente ou pendant les quelques jours de repos que l’on s’est accordés. Dans ces moments là, on se surestime souvent avec dans notre sac toutes sortes de lectures : un bon gros roman que l’on attendait de commencer depuis des mois, un petit essai histoire de ne pas laisser s’endormir nos neurones, une BD désarçonnante, un guide voyage, deux ou trois magazines, un roman de science fiction… Calmons-nous, freinons notre boulimie de tout.

L’heure est venue de tourner les pages à votre vitesse, ou mieux, relisez de suite le livre que vous venez de refermer ! Il parait que la seconde lecture est toujours plus enrichissante…

Les Humains citadins que nous sommes ont pour la plupart perdu le contact avec la terre. Profitons de ce temps d’arrêt imposé pour planter en nous de petites graines, au gré de nos passions. Laissons pousser notre jardin intérieur, arrosons-le chaque jour avec amour et qui sait, vous pourriez bien être étonnés de vous voir germer comme jamais.

Alors que les pirates préfèrent fuir le plus loin possible avec leurs trésors, attachons-nous à notre propre trésor, celui qui repose depuis toujours à l’intérieur de notre écrin personnel, ne le laissons pas nous échapper. Préparons, en paix, le feu d’artifices de notre libération, car à n’en point douter, lorsque ce moment arrivera, nous serons armés d’étincelles nouvelles et de sacrées pépites de vie à partager. Comme il existe un avant et un après une période d’efforts diététiques, il existera un avant et un après le confinement. Portez-vous bien. (article rédigé par CatCo - crédit photo 123RF/lightwise)

3. févr., 2020

Il fut un temps où les femmes étaient privées de compte bancaire.

Il fut un temps où les femmes étaient privées du droit de vote.

Il fut un temps où les femmes devaient se présenter à la Préfecture de police pour obtenir l'autorisation de s'habiller en homme, autrement dit de porter un simple pantalon.

Il fut un temps où les femmes n'avaient pas le droit de s'instruire excepté en matière de tâches ménagères.

Il fut un temps où les femmes ne pouvaient pas travailler sans l'autorisation de leur mari.

Il fut un temps où les femmes étaient privées de lecture !

Les femmes font peur... peur aux hommes vous croyez ? Parmi les pays considérés comme peu développés, pas mal ont déjà placé leur confiance et leur avenir entre les mains d'une femme. En voici quelques exemples : Sirimavo Bandaranaike est la première femme de l'histoire contemporaine à devenir Chef de gouvernement du Sri Lanka en juillet 1960. Isabel Peron est devenue Présidente de la Nation argentine le 1er juillet 1974.

Il y aura un temps où les femmes... sauveront la planète.

Il y aura un temps où les femmes... lutteront réellement contre la pauvreté.

Il y aura un temps où les hommes... voteront pour les femmes.

Le temps du matriarcat semble pointer le bout de son nez. La sensibilité des femmes au service de l'Humanité. Non, ce blog n'est pas féministe mais il apprécie la gente féminine car elle seule sait transposer son talent inné de gestion de la famille à la gestion de son pays.

Alors, attention, car vous êtes peut-être, sans le savoir, la future femme qui lit dangereusement. (article rédigé par CatCo - crédit photo 123RF/Andrei Metelev)